Home Droits humains Sud-Kivu : Des magistrats du siège et du parquet édifient sur les droits de peuples autochtones
août 12, 2020

Sud-Kivu : Des magistrats du siège et du parquet édifient sur les droits de peuples autochtones

Dépossédés de leurs terres ancestrales, qu’ils occupaient depuis la nuit de temps, les peuples autochtones pygmées(PAP), ont vus leurs terres érigées en Parc National de Kahuzi Bièga(PNKB), en 1970 et patrimoine mondiale de l’UNESCO en 1981. Une situation qui a conduit aux expulsions cavalières des pygmées, malgré les promesses de l’Etat Congolais, sous la houlette de l’Institut Congolais de la Conservation de la Nature(ICCN) de trouver des solutions palliatives pour leur survie et sédentarisation.

C’est dans ce cadre qu’en marge de la journée internationale du peuple autochtone, célébré chaque 10août, Environnement, Ressources Naturelles et Développement ERND Institute a organisé un atelier à l’intention de magistrat du siège et du parquet sur le droits fonciers de peuples autochtones afin de leurs rappeler les instruments juridiques nationaux et internationaux qui obligent l’Etat congolais à respecter et promouvoir les droits de la personne sous toutes ses formes et sans aucune distinction.

Pour le professeur Wenceslas Busane Ruhana Mirindi facilitateur dudit atelier , cette rencontre avec les magistrats était une occasion d’échanger sur la réalité et les droits fonciers de peuples autochtones et la manière dont leur prestation peuvent concourir à l’amélioration du droits de peuples autochtones pygmées.

« au regard des échanges que nous avons eu avec le magistrat j’ai eu l’impression qu’il ont prêtés oreille attentive et que dans leurs contributions ils ont compris là où il y avait le droit de peuples autochtones, ils ont relevés les contraintes de la mise en œuvre, mais ils ont quand même exprimés leur volonté à suivre attentivement les questions posées par la population autochtone pygmée, « a-t-il renseigné.

De son côté Me Innocent Bisimwa conseiller technique à ERND INSTITUTE renseigne que, cet atelier d’échange avec le magistrat avait l’objectif d’interpeller le pouvoir judiciaire sur les problèmes auxquels les peuples autochtones pygmées (PAP) sont confrontés du jour au lendemain et plus particulièrement les questions foncières.

« Ces problèmes d’accès à la terre se résolvent à de conflits sociaux , de conflits liés à la conservation de la nature car ils ont été expulsés par l’extension de limite du parc, ils vivent en errance et Ils n’ont plus de terre ou cultiver ou habiter mais aussi il y a le conflit liés à l’exploitation forestière car en effet, on exploite les forêts de communautés ,on donne des permis d’exploitation en oubliant que le peuple autochtones pygmée ont la forêt comme pharmacopée ou super marché, sans ignorer les conflits liés à la dépossession par le chef coutumiers et toute cette problématique constitue une frein au développement de ce communauté, » a-t-il ajouté.

Par ailleurs Nelly Seya, Magistrate à la cour d’appel de Bukavu et l’une de participante à cet atelier de formation a fait savoir que, cet échange a constitué une plus-value sur le plan non seulement théorique et pratique, mais également un moment de partage d’expérience pour eux qui sont de praticien du droit.

Signalons que cet atelier s’est tenu dans la grande salle de l’hôtel Mont Kahuzi ce 11 août 2020 et a été organisé à l’intention du ressort de la cours d’appel du Sud-Kivu, constituer de magistrats de la cour d’appel ; des magistrats de tribunaux de grande instance et de tribunaux de paix ainsi que ceux du parquet.

Avec Fulgence Rukata