Home Droits humains UVIRA : 22 hommes en armes comparaissent pour viol et violence sexuelle à Luvungi
août 25, 2020

UVIRA : 22 hommes en armes comparaissent pour viol et violence sexuelle à Luvungi

pamojardcongo

Le Tribunal Militaire de Garnison d’Uvira siège en audience foraine à Luvungi depuis ce lundi 24 Août 2020. Il y instruit 20 dossiers de viol, et de violences sexuelles, imputés à 22 éléments des forces armées et de la police nationale congolaises, œuvrant dans la plaine de la Ruzizi. 

Pendant une bonne dizaine de jours, le Tribunal Militaire de Garnison d’Uvira siègera de manière spéciale dans un antre autre que son siège traditionnel. A en croire le Président de cette juridiction qui s’est confié au micro de Laprunellerdc.info, ce déplacement à caractère pédagogique vise à réprimer la commission des exactions, par des hommes armés affectés dans cette zone traditionnellement instable sur le plan sécuritaire.

Selon le Major Magistrat  Alain Giangenga, « la plupart de prévenus avec lesquels nous sommes arrivés à Luvungi, sont des militaires des brigades qui se trouvent détachés à Luvungi ». 

Il s’agit de 22 militaires et policiers pour viol, violence sexuelle, viol avec violence, et autres abus sexuels, à l’égard des femmes de divers âges [dont une fille de 9 ans] et d’un jeune garçon.

Cette cohorte d’hommes en uniformes comparait en face de l’auditorat militaire de garnison d’Uvira et d’une série de 23 victimes s’étant constituées partie civile.

Pour le Capitaine Magistrat Nganama Joseph, auditeur de garnison d’Uvira, cette campagne vise à rassurer la population de la sévérité de la justice contre tout militaire ayant commis des actes contraires à la loi, mais également « pour prêcher aux autres militaires et policiers pour qu’ils voient que dès qu’on s’évertue de prendre des mesures pour aller violer, ou pour prendre des femmes de force, la justice est là et elle va s’occuper de vous ».

« C’est pédagogique aussi pour la population parce qu’il y a déjà des femmes violées, et des hommes même, mais qui ne dénoncent pas par peur. Maintenant, nous venons pour leur dire qu’il ne faut pas avoir peur car le militaire n’est pas au-dessus de la loi. Il demeure militaire, et il y a une justice aussi pour ces militaires», a poursuivi ce magistrat.

Notons que cette audience en chambre foraine a été rendue possible par l’appui financier de la Fondation Panzi du Dr Denis Mukwege.

A cet effet, l’auditeur de garnison d’Uvira a rendu un vibrant hommage au Prix Nobel de la Paix qui, selon lui, doit ce valeureux sacre au travail qu’il rend à sa nation, à travers son appui à la justice.

« Nous ne pouvons pas cesser de louer les efforts de la Fondation [Panzi] et en particulier le Dr Mukwege, qui est d’ailleurs même le Prix Nobel de la Paix, à cause de ce qu’il fait dans son pays. Le Prix-là n’est pas venu d’un hasard. C’est le fruit du travail qu’il a réalisé sur les cas des violences sexuels ».

Pour le compte des parties civiles, Me Migabo Ngabo s’est dit satisfait par cette série d’instruction en audience foraine.  Ainsi, profitant de cette occasion, cet avocat des victimes a encouragé les différentes victimes à dénoncer les divers abus que commettent les hommes armés à  leur égard car, a-t-il soutenu, « c’est à travers la dénonciation qu’ils obtiennent la toute première guérison ».

La présente instruction se poursuivra à Luvungi, selon le calendrier mis en place par le Tribunal Militaire de Garnison d’Uvira, et les verdicts seront rendus en date du 2 septembre 2020.

Avec Laprunelle