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août 29, 2020

MASSACRE DE KASIKA : SILENCE, ILS SONT DEJA MORTS

crédit, kassika

Le 24 août 1998, des militaires de l’ANC/APR ont massacré plus d’un millier de  civils, dont de nombreuses femmes ainsi que des enfants et des bébés dans les villages de Kilungutwe, Kalama et Kasika, dans le territoire de Mwenga, à 108 kilomètres de Bukavu. Avant d’être tuées, la plupart des femmes ont été violées, torturées et ont subi la mutilation de leurs organes génitaux. Ce massacre a été organisé en représailles à la suite de la mort, le 23 août, d’une vingtaine d’officiers de l’ANC/APR dans une embuscade tendue par des Mayi-Mayi sur la route reliant Bukavu à Kindu. De nombreux corps d’enfants et de bébés ont été jetés dans les latrines. Avant de partir, les militaires ont pillé les trois villages et incendié de nombreuses habitations.

LE SILENCE REGNE

Entre 24 août 1998 et 24 août 2020, jour pour jour, ce souvenir atteint 22 ans dans la mémoire du congolais. Tant de blessures à panser, des esprits à accompagner, un avenir à construire sous ces ruines fatales.

22 ans après, le silence règne sur cette affaire qui semble passer comme un souffle de vent. C’est ce que fait remarquer l’interrogation de Denis Mukwege, à travers Actualité.cd.

« Vingt-deux ans après ces atrocités, la justice tant nationale qu’internationale traîne à se saisir de ces crimes odieux et les auteurs restent impunis. Comment notre monde peut-il garder un si lourd silence devant une telle barbarie ? »,

s’intérroge-t-il.

UN TWEET QUI FACHE

Au moment où le congolais pense prendre en main ce passé aussi triste et d’en générer une possibilité de rebondissement glorieux pour un Congo digne de Lumumba, Héro national, un tweet vient comme pour « se moquer » de cet effort à consentir.

Incohérence flagrante entre image et histoire. Narratif simpliste pour des accusations graves. Accuser sans évidence s’appelle calomnie. Villages sans noms, 1100 morts avec deux noms. Circonstances de crimes et identité des criminels non dévoilée. Accusation ou propagande???”.


Sentiment que ne cache pas l’ambassadeur du Rwanda en RDC et sur la terre congolaise.

DES REACTIONS SANS PRECEDANT

Une réaction qui ne tardera pas de soulever la riposte de la part des congolais qui ne restent pas insensibles face à une telle « humiliation » sans précédent. Martin Fayulu exige que l’ambassadeur du Rwanda au Congo soit expulsé.

« L’ambassadeur rwandais en RDC M. V. Karega doit être purement et simplement expulsé de notre pays. La négation systémique du génocide congolais est inacceptable. Tout Congolais qui se fait complice d’une telle négation est passible de haute trahison »,

a-t-il tweeté.

Dans le même cadre, le mouvement Luttre pour le changement LUCHA et FILIMBI signent et projettent un sit-in le 4 septembre prochain devant la résidence du diplomate rwandais. Lucha et Filimbi dénoncent en même temps, « l’indifférence » des autorités congolaises face à cette attitude « révisionniste ».

ET COMME SI CELA N’ETAIT QUE DE PASSAGE

Comme pour chercher à ramasser l’eau déjà versée dans du sable, le porte-parole du gouvernement rwandais ne traine pas de répliquer à travers une conférence de presse.

« Je donne peu de considération à ce genre de déclarations au risque d’ajouter de l’huile sur le feu. Tout ce que je peux vous dire, c’est que nos relations avec le Rwanda semblent être bonnes. Nous n’avons pas intérêt, nous,  à les rendre plus difficiles. Telle doit être aussi la disposition du Rwanda »,

a-t-il dit.

UN AMBASSADEUR DIGNE DU CONGO                 

Et les communautés à l’Est du pays solidarisent et font entendre leurs doléances. C’est le cas de la communauté Nyindu qui exige que ce diplomate rwandais quitte sans délai le territoire congolais.  

On ne sait pas garder en RDC quelqu’un qui crache sur les cadavres des fils et filles de la RDCongo. Si la RDC tient à garder ses bonnes relations avec le Rwanda, il va demander à ce dernier d’envoyer un ambassadeur plus humaniste et responsable”,


lit-on dans une déclaration rendue publique, ce mercredi 26 août.

Dans l’entretemps, on s’indigne, on questionne, on discerne. Entretemps le temps passe et les conséquences de ce silence décrié par Dénis Mukwege ne tardent pas de faire surface. On aurait impression de percevoir que cet événement  n’est que la face visible de l’iceberg.

Cito Cibambo Ferdinand