Home Politique SOIXANTE ANS D’INDEPENDANCE : les stratégies du Roi Léopold II à soumette l’homme noir au Congo-Belge
septembre 2, 2020

SOIXANTE ANS D’INDEPENDANCE : les stratégies du Roi Léopold II à soumette l’homme noir au Congo-Belge

crédit, carte congo-belge

En marge de la célébration du soixantième anniversaire d’indépendance de la République démocratique du Congo, il est impérieux de jeter un regard sur les stratégies bien choisies et bien orientés qui ont servi le colon à mettre le congolais à sa juste place.  Une lecture que la rédaction pamojardcongo.net fait de la manière de procédure du Roi Léopold II à travers son leadership colonial au Congo-Belge.

En effet, lorsqu’on parcourt l’histoire de la colonisation de la RDC, tout indice est à retrouver qui puisse retracer la manie de l’homme blanc sur les sujets noirs. Quand le Roi Léopold II inféode le pays à cette époque, il use de certaines stratégies qui ont conduit le congolais à un futur aussi laborieux. Le grand travail, ce qui restait un grand défi du congolais, était de se former, d’occuper la place de l’homme blanc dans l’administration, en politique, dans le social après indépendance. Bref sur tout le plan. Mais le passé dans lequel le colon a plongé le pays est loin de satisfaire à la demande grandissante qui fait surface.

Il sied de souligner de passage que Léopold II s’est inspiré de la pensée d’une personnalité noire la plus éminente aux USA bien pour les blancs que pour les noirs. Il s’agit de Bouker T. Washington. Pour celui-ci, « la stratégie d’avancement des noirs dans un monde dominé par l’homme blanc est celle de l’acceptation sereine de cette situation d’inégalité. » Il fallait pour cela que le noir se résilie, reste stoïque et s’inscrive dans le présent. Il s’agit en suite pour le noir « non point de revendiquer les droits civiles et politiques mais de rechercher l’éducation, plus exactement d’apprendre un métier susceptible de garantir la vie et la survie économique. »

Toute l’attention du noir devait être tournée vers l’économie. Il devrait être formé pour des travaux manuels y compris « le métier du maçon, du charpentier, mécanicien, fermier, domestique, ou mieux de commerçant ». Toute formation à caractère théorique ne lui était pas accessible pour ainsi dire que, cela ouvrirait le noir à la lumière. Il fallait maintenir le noir au seul minimal et se rassurer que la réflexion ne soit pas son apanage.

Et Léopold II nourri de cette ambition « statuquoÏste » et conservatrice, plongeait le pays dans un système où le noir serait éternellement ignorant. Son mot d’ordre était « pas d’élite, plus d’ennui ». Etait-ce cela qui avait inspiré Léopold Cedar Senghor à dire que « l’émotion est nègre, la raison hellène» ?

Et portant, vers les années soixante, les autres colonies françaises rayonnaient de part le monde. La France faisait sa fierté dans la rhétorique, la pensée, l’écriture, l’intelligence et la sagesse de l’homme noir. On pouvait voir le colonisé français accéder à des postes en France, y travailler et s’y installer. Tandis que, au pays de Kasavubu, héros national, le noir est encore soumis sans faveur ni ferveur. L’homme noir avait sa juste place dont il devrait se contenter sans négligence.

A la proclamation de l’indépendance de la RDC, on ne compte pas plus de quatre universités au pays. Mais de partout, des écoles de métier pour le noir. En l’occurrence l’institut Mapatano de Kadutu à Bukavu, qui formait des femmes ménagères.

Cito Cibambo Ferdinand