Home Non classé BUKAVU : « Qu’avons-nous fait au gouvernement pour mériter une telle vie ? » Le cri de détresse des démobilisés abandonnés à la maison communale de Bagira
février 11, 2021

BUKAVU : « Qu’avons-nous fait au gouvernement pour mériter une telle vie ? » Le cri de détresse des démobilisés abandonnés à la maison communale de Bagira

Depuis leur démobilisation en 2006, 18 démobilisés, leurs femmes et enfants ont été déguerpis du camp militaire dans la commune de Bagira, dans la ville de Bukavu, où ils étaient jusque-là établis. Ne trouvant pas d’abris pour leurs familles, ils émigrent en janvier 2019 à la maison commune de Bagira où ils espèrent trouver asile. Depuis lors, ils vivent un chemin de croix sans précédent, et qui ne semble pas aboutir au salut. L’un des démobilisés, Gondo Pana Bernard, a accepté de se confier à notre rédaction et se demande « qu’est-ce que nous avons fait au gouvernement pour mériter une telle vie ? ».


PAMOJARDCONGO : Pouvez-vous vous présenter et dire quelle est l’histoire de votre établissement dans les murs de la maison communale de Bagira au lieu de vous rendre au quartier ?


DÉMOBILISÉ : Je réponds au nom de GONDO PANA BERNARD de la province de l’Équateur. Je suis démobilisé et nous restons ici à la commune de Bagira. Nous avons été chassé au camp soit disant que nous sommes des civiles. Après notre démobilisation, il a fallu 48 heures pour que l’état nous livre le transport pour que chacun se rende dans sa province. Mais on nous a dit que nous sommes immobiles. Et dire que nous sommes immobiles veut dire que nous ne pouvons pas nous déplacer.
Après cela nous nous sommes rendu compte que ça commençait à prendre du temps, les camarades commencent à mourir. Nous avons déposé une plainte au parquet devant l’inspecteur honoraire. De là, une femme nous a dit que nous devrions voir le gouverneur pour la question de notre argent de transport, à l’époque du Gouverneur Louis Léonce Muderhwa en 2009. Nous avons tout fait sans résultat positif.


Le nouveau commandant région est venu et nous a obligé de quitter le camp puisque nous sommes des civiles. Nous avons vu que c’est responsable de laisser le camp à qui de droit. C’est pourquoi nous sommes ici à la maison communale. Nous n’avons ni maison, ni protection. Nous avons des familles, des femmes et des nombreux enfants qui étudient difficilement suite aux conditions dans lesquelles nous vivons. Nous demandons que l’Etat nous donne le transport et respecte le processus de démobilisation. Vous quittez l’armée et on vous transfert en province d’origine ; Qu’avions-nous fait au gouvernement pour mériter une telle vie ?


Nous demandons juste le transport pour aller dans nos différentes provinces puisque nous avons trop souffert. Nous vivons dehors sans maison, sans protection, les enfants souffrent à cause du froid, nous attrapons des maladies. Nous ne savons pas où nous sommes. Même un réfugier est pris en charge, il est nourri, vêtu. Nous, nous avons travaillé pour ce pays et nous n’avons pas de problème avec le gouvernement, mais nous fustigeons ce qui se passe. Nous vivions à la commune, sous le nez du Bourgmestre et nous vivons dans une condition déplorable. Tout ceci ne lui dit rien.


(A SUIVRE DANS NOTRE PROCHAIN ARTICLE)

Rédaction Pamoja