Home Actualité CHANSONS INTERDITES EN RDC : Les jeunes artistes appellent-ils à la révolte ou à la révolution ?
novembre 10, 2021

CHANSONS INTERDITES EN RDC : Les jeunes artistes appellent-ils à la révolte ou à la révolution ?

« Soixante et un ans d’indépendance mais nous sommes toujours à la traine », les premières paroles du titre « Nini tosali te » du groupe « Musique Populaire de ka révolution » éveillent  la curiosité d’un plus grand nombre. Une chanson interdite ce 9 novembre par la commission de censure mais devenus populaire sur You tube.

Comme annoncé par la commission de censure des chansons et des spectacles, aucune chaîne de télévision, ni station  radio, ni écran géant ni autres moyen de communication installés sur l’ensemble de la RDC ne pourra diffuser ce morceau. Elle se justifie par le fait que ces clips ont arrosé le public sans son autorisation, à travers un communiqué.

« Il n’y a pas de fumée sans feu » dit-on

De plus en plus des jeunes artistes musiciens trouvent leurs sources d’inspiration de la situation sociale et politique de la RDC. Au moment où l’Est du pays est en proie à l’insécurité totale à travers l’incursion des rebelles à Bukavu et la résurgence des M23 à Rutchuru, lorsque la gratuité de l’enseignement est déclarés « hypothétique » par des internautes, quand les enseignants et plusieurs fonctionnaires de l’Etat croupissent dans la misère, quand le salaire des élus a vocation de croitre en amont, les artistes lèvent les yeux vers les montagnes et crient leur désolation et leur désespoir  à travers leurs œuvres.

Certains titres n’ont cessé de lancer des cris de désolation, de détresse et de désespoir comme « Nini tosali te » de MPR, « Lettre à Ya Tshitshi » de Bob Elvis, « kuwaya waya », « Le voyageur » d’Anderson Mukwe,  pour ne citer que ceux-là. D’aucuns se demandent si ces titres viennent pour révolter ou révolutionner le congolais.

D’ailleurs, Steve Mbikayi, Président du Front Patriotique 2023 reconnaissait déjà la vision dans laquelle ces jeunes musiciens s’inscrivaient. Sur POLITICO.CD, ce politique qualifiait le titre « nini tosali te » de « Musique engagée », de « réveil spontanée des musicians et autres griots ». Et pourtant il reconnaît également, dans la même source, que ce morceau sent une « manipulation artistique » ou encore que « ça sent une sponsorisation, un complot tramé pour faire porter le drapeau d’une misère vielle de 60 ans à un pouvoir de trois ans, au Raîs actuel. » Il finit par le caractériser d’ « injuste et malhonnête ».  D’une par ce politique semble appuyer le geste des jeunes artistes, d’autre part, il semble être du côté de leur cible, en dénonçant une musique complotiste.

« La jeunesse y trouverait-elle un rempart d’éveil? »

Les cris de la jeunesse congolaise se fait entendre vie les artistes qui, au vu de la situation RDCienne actuelle en détresse. La jeunesse ne semble pas trouver son compte dans la gestion de la chose publique. Et pourtant, elle a vocation de participer à la vie politique et sociale du pays, à être protégée, à être prévenu et à travailler dans un partenariat pour le développement et la stabilité du territoire national, si nous pouvons nous inspirer de la résolution 2250 des Nations Unies.

Dans la vision des élections  de 2023, plusieurs jeunes se mobilisent et font un front commun à travers les organisations de la société civile en vue de lutter pour la participation effective aux échéances électorales et de se retrouver parmi les décideurs à tous les niveaux.

La prise de conscience devient progressivement une réalité chez cette jeunesse qui semblerait être asphyxiée.

CITO